Halleria lucida est le chèvrefeuille africain. Oubliez l’image que vous avez du chèvrefeuille car cette plante, magnifique, n’a pas grand-chose à voir avec les vrais chèvrefeuilles.
Halleria lucida, buissonnant plutôt que grimpant
Halleria lucida est le genre de plante qu’on ne sait pas vraiment dans quel rayon ranger. La plante forme de longues tiges souples, comme un buisson très effilé, qui peut se hisser assez loin si des arbustes lui font la courte échelle, à plus de 5 m de haut. En plein soleil et sans support, Halleria lucida forme un buisson dense d’à peine 4 m de haut (en climat très doux) alors qu’à l‘ombre, c’est plus une grimpante. Voilà pour le port de cette plante.
Si le feuillage est assez quelconque (de petites feuilles vert vif lancéolées comme il y en a des milliers dans la nature, il faut noter qu’elles sont portées par des tiges souples donc, à l’écorce lisse. C’est peut-être un détail pour vous mais pour la plante, ça veut dire beaucoup, comme on va le voir.
Des fleurs en bec pour Halleria lucida
L’intérêt principal d’Halleria lucida, ce sont ses fleurs, en tubes courbés, très exotiques. Normal, ils se destinent à des oiseaux se nourrissant de nectar (proche des colibris), qui n’existent malheureusement pas chez nous.
Détail intéressant, les fleurs d’Halleria lucida se forment soient à l’aisselle des feuilles en bout de branche ou bien directement sur la tige,un phénomène appelé cauliflorie. C’est une caractéristique typiquement tropicale, qu’on ne voit chez nous que chez les arbres de Judée et gainiers (Cercis).
Rusticité d’Halleria lucida
Présent dans des milieux différents dans la nature, Halleria lucida est naturellement adaptable et accepte des conditions variées. Mais c’est à la mi-ombre, sous le couvert de plantes plus hautes, que sa résistance au froid sera meilleure. La souche peut tenir jusqu’à – 7 °C, moyennant un paillis au pied. Mais comme la plante fleurit sur les vieilles tiges, il faudra l’installer dans un endroit bien abrité pour que celles-ci passent l’hiver et fleurissent. La plante fleurit assez jeune, parfois sur les tiges de l’année passée, et il n’est pas besoin d’attendre trop longtemps pour voir la floraison.
Une obscure famille botanique
Ce coup-ci, pas de querelle de nom pour le chèvrefeuille africain. Halleria lucida, c’est Halleria lucida. Mais la famille à laquelle appartient cette plante, celle des Stilbacées, est fort rare en Europe. En fait, le membre le plus courant est Halleria lucida, qui est déjà une plante rare en culture. Titre qu’il partage avec une sorte de calcéolaire arbustive (Bowkeria), que l’on pense régulièrement à mettre au catalogue chez Palmiers et Compagnie. Mais c’est une autre affaire. Les autres genres, tropicaux de la famille des Stilbacées ne se croisent guère que dans les jardins botaniques.






