Lantana trifolia est un lantanier ou galabert, plus exactement à trois feuilles. Mais c’est surtout ses fleurs et ses baies qui le distinguent.
Lantana trifolia, pas comme les autres
Venu d’Amérique du Sud, ce « galabert à trois feuilles » se repère d’abord à son port droit comme un « I », sa tige raide le faisant monter jusqu’à 1,50 m. Bien qu’il s’agisse d’un arbuste vivace, il ne s’étend pas en largeur et ne dépasse pas 30 cm de large. C’est un pic, c’est un cap, que disons-nous, c’est un tuteur ! S’il porte le nom de trifolia, c’est parce que ses feuilles sont regroupées par trois au niveau de chaque nœud. C’est exactement le genre de configuration que l‘on retrouve chez le laurier-rose, et qui n’a aucune parenté botanique. De toute façon, cette histoire de trois feuilles à chaque nœud, c’est un peu du pipeau. En effet, il y a des individus qui portent leurs feuilles par deux plutôt que par trois, et cela peut varier au cours de l’âge de la plante ou même selon les conditions de croissance.
Tout en rose, fleurs et baies, chez Lantana trifolia
L’intérêt principal, c’est bien sûr la couleur qu’apporte cette espèce étonnamment peu commune dans les jardins. Les fleurs sont d’un rose assez sombre, avec une très discrète gorge jaune (il faut regarder de près). Et les fruits sont aussi très colorés, d’un magenta foncé, et plus exactement zinzolin. Oui, zinzolin, c’est une vraie couleur, un violet mâtiné d’une subtile pointe de rouge. Les baies si colorées de Lantana trifolia vous font penser à une autre plante ? Au callicarpa bien sûr, qui lui aussi forme des baies de la même couleur, mais plus tard en saison et dans des conditions très différentes.
Une tropicale pas si frileuse
Bien que le lantanier à trois feuilles soit originaire des régions tropicales d’Amérique du Sud, c’est une plante qui s’adapte très bien. Les parties aériennes supportent des petits froids, de l’ordre de – 3 °C et la souche, sous un bon paillis, peut tenir jusqu’à – 5 °C, comme d’autres lantanas. Il faut toutefois noter que cette plante forme une souche moins épaisse que les lantanas classiques (hybrides de Lantana camara). Elle se ressème là où elle se plaît et il est sans doute judicieux d’en garder un peu de graines, ne serait-ce que pour renforcer sa présence dans le jardin.
La plante a des exigences un peu moins marquées que les autres lantanas. Elle n’aime pas la sécheresse intense mais elle se contente de ce qu’on lui donne. Elle n’a qu’un seul impératif, celui de bénéficier du plein soleil.
Pour les vénézuéliens, un bain de chance avec Lantana trifolia
La revolución bolivarienne, c’est bien gentil, mais ça ne résout pas tout. Alors le folklore vénézuélien recommande de prendre des bains avec cette plante (qui y est appelée cariaquito morado), car cela porterait chance. Le trèfle à quatre feuilles, mais en version balnéo, quoi.






