Gossypium thurberi est le cotonnier de désert (ou cotonnier de Thurber), un petit arbuste très résistant au sec et aux histoires étonnantes.
Gossypium thurberi, un look pas désertique
Le cotonnier de désert n’a rien, dans son allure, d’une plante désertique. Pas de piquant, pas de tissu charnu (ce n’est pas une plante grasse), pas de poils abondants. Et pourtant, cet arbuste d’environ 1,50 m est un dur à cuire. Lui n’a simplement pas besoin de l’armure revêtue par tant d’autres.
Une fleur de cotonnier changeante
Si la fleur n’est pas spectaculaire avec son allure de mauve blanche de 5 cm de diamètre, elle a l’avantage de souvent tourner au rose lorsque la fleur vieillit. Les fleurs se forment au bout des tiges fines, un peu suspendues dans l’air. Et lorsque la fleur fane, elle le fait joliment, sans restes inesthétiques comme chez certaines malvacées.
Gossypium thurberi, plus érable que cotonnier
Si la forme de ses feuilles fait penser à certains érables, l’analogie ne s’arrête pas là. En effet, lorsque l’automne vient, ce cotonnier de désert prend des couleurs vives, parfois écarlates si la différence de températures est très marquée entre le jour et la nuit.
Résistance au froid de Gossypium thurberi
Le cotonnier du désert est l’espèce la plus septentrionale du genre. Il résiste sans problème jusqu’à – 7 °C à – 8 °C voire moins, en repartant de la souche. Cela n’est vrai que si le sol est bieeeeen drainé évidemment, comme d’habitude. On a presque l’impression de raconter ça à chaque fiche. On devrait inventer un acronyme, genre DODO : « Drainage Obligatoire Dès Octobre ». Bref, vous avez pigé.
Un cotonnier qui n’a pas la fibre, Gossypium thurberi, sauf pour les histoires !
Si vous rêviez de champs de coton rustique, pour vous fabriquer des t-shirts indépendamment de la fast fashion, c’est mal parti avec ce cotonnier de désert. En effet, s’il forme bien de la fibre autour de ses graines, en bon cotonnier qu’il est, c’est de façon aussi chiche qu’une pluie de juillet, tout juste à peine pour dire qu’il y en a eu et pas davantage. On ne ferait même pas des mitaines pour un chaton avec le peu de fibres que ce cotonnier produit. Le peuple O’odham l’appellait ban tokiga, le coton de Coyote. Coyote avec un grand C car ce Coyote, c’est « Coyote le Rusé », un esprit animal qui fait dégénérer des plantes paradisiaques données au peuple O’odham par l’esprit créateur. Un coton raté, quoi.
Mais ironie botanique, c’est le croisement, fort ancien (il y a deux millions d’années, hein) entre un cotonnier africain et un cotonnier américain qu’est apparu un type très riche en fibres de coton. Et aujourd’hui, on effectue des croisements entre cotonniers modernes et Gossypium thurberi pour profiter de certaines de ses résistances. Et toc pour Coyote.
Il y a bien d’autres histoires avec ce cotonnier de désert. Il contient un composé, le gossypol, que la Chine avait tenté de déployer comme contraceptif oral (du temps de la politique de l’enfant unique).
On a aussi essayé d’éradiquer Gossypium thurberi aux USA à cause de sa relation avec un charançon spécifique et qu’on prenait à tort pour l’ennemi des champs de coton. Le résultat fut brillant puisque la plante est aujourd’hui classée « en danger d’extinction ». Il en traîne dans sa besace, ce petit cotonnier de désert.






