Diospyros rhombifolia est un petit plaqueminier, c’est-à-dire un membre de ces végétaux qui donnent les kakis. Et ses fruits sont comestibles, bien sûr.
Petit mais costaud, Diospyros rhombifolia
Si le genre Diospyros comporte de grands gaillards comme le kaki datte ou l’ébène, il recèle aussi de vraies miniatures. Diospyros rhombifolia est entre les deux : un gros arbuste, mais pas plus. Il est trapu, avec des rameaux assez épais. Lorsque la plante vieillit, elle a tendance à former des rameaux courts qui se terminent par une petite pointe : on ne se précipite pas sans regarder dans le buisson.
Des fruits en toupie pour Diospyros rhombifolia
Ce petit plaqueminier produit une abondante fructification et c’est pour cela qu’on le cultive. Enfin, sur les plants femelles, car comme chez pratiquement tous les Diospyros botaniques, l’espèce est dioïque. Plants mâles et femelles sont séparés. Et non, nous n‘avons n’y a aucun moyen de savoir si c’est un monsieur ou une dame.Les fruits sont bien sûr comestibles, un peu astringents si on les consomme trop tôt, comme tous les fruits de plaqueminiers.
Bien rustique, Diospyros rhombifolia
Cet arbuste tient sans problème jusqu’à – 12 et même – 15 °C. Côté sol, il aime les terres pas trop sèches, encore qu’il se montre assez résistant à la sécheresse une fois bien installé et si le sol est profond. Les terres lourdes et humides en hiver, il ne craint pas : bref, ce petit plaqueminier pourrait bien figurer au tableau de ces plantes, trop rares, qui tolèrent le sec en été et l’humidité excessive en hiver.
Le roi des bonsaïs
Cette espèce est très appréciée dans la « culture de plantes dans un pot » (c’est l’étymologie lointaine du terme en chinois ayant donné le mot bonsaï). Il se taille bien, prend un port trapu et fructifie facilement en pot. Enfin, lorsqu’il y atteint l’âge de maturité, bien plus tard qu’en pleine terre. Et qu’on y marie deux sexes puisque bonsaï ou pas, la sexualité de Diospyros rhombifolia n’est pas déconstruite pour un sou. On dirait que c’est Vincent Bolloré qui a racheté cette espèce de plaqueminier.
Diospyros, du feu de dieu !
Ah tiens, puisqu’on parle de fou de dieu, restons dans le sujet. Étymologiquement, Diospyros est le « fruit de Zeus » ou « fruit de dieu », fruit et feu ayant la même origine (pyros). Sauf que chez les Grecs anciens, les descriptions concernent en réalité la jujube (d’autres disent le micocoulier). C’est moins juteux, d’un seul coup… Mais botaniquement, plus logique car il n’y a pas de Diospyros à l’état naturel en région méditerranéenne. On ne dégustait pas de Diospyros du côté de l’Olympe. Ce n’était pas mieux avant, finalement. En Chine, c’est le kaki de princesse ou kaki corbeau (老鸦柿), ainsi surnommé car on en tire une laque à partir des fruits immatures.
Noir de la racine
Comme tous les Diospyros, celui-ci présente la même curiosité : ses racines sont noires. Lorsque l‘on sort la plante de son pot et que l‘on n’a pas l’habitude des végétaux appartenant à ce genre, ça peut surprendre.
C’est fou tout ce qu’on peut apprendre avec une seule plante, hein ? Mais n’oubliez pas de l’ajouter au panier, on est quand même là pour ça.






