Plus d’informations sur Tagetes elliptica, le chincho
Tagetes elliptica, ou « chincho », est une plante aromatique, évidemment très exotique, mais facile comme une tagète. Et assez résistante au froid, avec ça.
Un arbuste avec Tagetes elliptica
Tagetes elliptica n’est pas l’œillet d’Inde en maillot à rayures qu’on collait en plate-bandes du temps des Trente glorieuses. Pour commencer, Tagetes elliptica est un arbuste, pas super florifère pour tout avouer. Sa croissance est très rapide si la plante a de l’eau (et une bonne terre). Le buisson n’est pas très ramifié comparé à d’autres tagètes vivaces. Cette tagète peut en revanche atteindre une hauteur de 1,50 m lorsqu’elle se sent bien. Les fleurs, en petits capitules jaune légèrement orangé, se produisent tardivement, à parti d’octobre.
Tagetes elliptica, d’abord une condimentaire
C’est donc sous le nom de chincho que cette plante est connue. En effet, Tagetes elliptica, originaire du Prou, est une vraie plante culinaire, et pas seulement une curiosité qu’on cultive pour amuser la galerie mais qu’au fond, on n’emploie jamais (on en connaît une comme cela, c’est l’épazote…).
Ce sont ses feuilles qui ont un intérêt aromatique et culinaire. Elles sont intensément parfumées, mais pas de la même façon que les autres tagètes. C’est toujours frais, puissant, mais peut-être plus épicé que les autres. Cet arôme est plus l’affaire de chimie que d’une Fée Clochette, car pas moins de 27 composés volatils se cachent dans les feuilles de Tagetes elliptica. Parmi ceux-ci, on rencontre des noms vraiment poétiques comme le biciclogermacrene, la (Z) trans-tagetone ou encore la trans-epoxyocimene. Comme quoi, « feuillage aromatique » est souvent un raccourci qui cache un maquis chimique.
Au jardin, le chincho aura sa place dans un coin abrité du potager ou bien contre la maison, mais toujours de façon à l’inviter à venir rejoindre la cuisine et s’y faire piler, infuser, moudre ou macérer. C’est une plante à ragoût, mais aussi à essayer en mojito (fraîche) ou pour aromatiser un riz (séchée et réduite en poudre, ajoutée juste avant de servir). Pour nous, c’est dans la mayonnaise qu’elle étonne. On l’emploie aussi pilée (fraîche)à avec de l’ail et du sel pour aromatiser les viandes, en marinade. Et si vous êtes du genre à aimer la cuisine exotique, alors pour la pachamanca, c’est l’herbe aromatique à privilégier.
Une bonne plante compagne
Il faut noter qu’en bonne tagète, Tagetes elliptica contient assez de composés volatils pour servir de plante à purin (insectifuge surtout), et elle offre les mêmes atouts que les autres tagètes. Un œillet d’Inde qui assaisonne la viande et tient les bestioles à distance, ça mérite bien un petit coin abrité. Tiens, d’ailleurs, parlons-en.
Rusticité de Tagetes elliptica
Pour conserver le chincho d’une année à l’autre, il faudra lui donner une terre potagères décente. La sécheresse, ce n’est pas trop son truc (mais ce n’est pas une plante de terrain humide non plus). Son point faible ? Les limaces en début de saison ! Côté résistance au froid, la souche tient jusqu’à – 10 °C. Ce sera au prix, évidemment, une bonne couche de feuilles mortes apportées au pied en automne, et une terre assez drainée pour éviter que la souche ne pourrisse en hiver. Jusqu’à – 10 °C, la plante repart de souche. Oubliée en pot en extérieur sans protection, couic. On a l’impression de toujours raconter la même chose, mais nous constatons aussi que les jardiniers font aussi toujours les mêmes erreurs…







