Ficus sarmentosa, le figuier sarmenteux, est un petit figuier qui est bien différent des figuiers de jardin, parfait pour une ambiance exotique.
Ficus sarmentosa, à l’assaut des troncs
Venu d’Asie comme on va le voir, Ficus sarmentosa fait partie de ces figuiers grimpants, mais pas étrangleurs. S’il trotte le long des troncs, accroché par des crampons, c’est pour y former une masse de feuilles faisant penser à celles d’un figuier d’intérieur, mais sans développer ces racines aériennes propres aux figuiers étrangleurs. Ficus sarmentosa, c’est une écharpe, pas un nœud coulant.
Les feuilles de ce figuier sont allongées, parfois velues (notre souche est lisse comme une grenouille), toujours d’un vert sombre sauf lorsque la plante approche de la lumière. Car comme le lierre, ce figuier connaît deux vies. Peu importe le support, que ce soit un arbre, une roche ou un mur, il faut qu’il puisse grimper.
Le voyage vers la lumière de Ficus sarmentosa
S’il se comporte en grimpante d’ombre, Ficus sarmentosa n’a qu’un objectif : se faire sa place au soleil, comme tant d’autres. Il grimpe donc à la façon du lierre, jusqu’à trouver un niveau assez ensoleillé. Il change alors de morphologie, troquant ses grandes feuilles pour de plus petites, un peu plus coriaces, et plus nombreuses aussi. C’est un peu un Ficus benjamina planté au bout d’une tige de lierre. Car il tirera toujours sa substance du sol, et pas de racines aériennes (et encore moins de la plante qui le porte).
Un grimpant qui a une bonne descente
Pour profiter du spectacle de ce feuillage formant comme un pantalon de verdure autour des troncs, il faudra de l’humidité. Et pas qu’au sol, mais aussi dans l’air, sans quoi Ficus sarmentosa formera un feuillage moins abondant et un peu plus coriace. En gros, il s’adapte à la situation. Mais là où l’air n’est pas trop sec, comme dans les patios, les cours ombragées et les sous-bois humides, c’est quelque chose. Osez Ficus sarmentosa sur un tronc de Trachycarpus par exemple.
Rusticité de Ficus sarmentosa
C’est là qu’une autre bonne nouvelle vous attend, puisque cette grimpante est plus rustique encore que Ficus pumila et autres petits figuiers grimpants. En effet, Ficus sarmentosa peut résister jusqu’à – 8 °C, certains annonçant bien moins que cela, mais nous préférons attendre pour juger. C’est vrai sous une canopée, donc une situation déjà abritée, sans vent froid et desséchant, et pour une plante qui a déjà un peu de bouteille. Pour une plantule en pot, ce serait plus que risqué à notre avis.
Un figuier globe-trotter
Ficus sarmentosa est un figuier voyageur : il pousse sur tous les contreforts himalayens, de l’Himachal Pradesh jusqu’à Arunachal Pradesh, en Inde, en passant par le Népal et le Bhoutan. Puis il s’étend dans les montagnes du Yunnan pour gagner les plaines chinoises, gagner Taïwan après un crochet par le Vietnam puis la Corée du Sud avant d’atteindre le Japon. Et Ficus sarmentosa ne s’arrête pas là, comme un vrai accroc à ses miles, puisqu’on le retrouve à Madagascar, sous une forme un peu différente (une sous-espèce endémique).
Évidemment, à ce prix-là, la plante est assez variable. Difficile de rester constant lorsque l’on règne sur un territoire s’étendant sur 11 000 km ! C’est toutefois à Taïwan qu’il a l’essentiel de ses pénates.
Et les fruits ?
Ah, les fruits de Ficus sarmentosa, délicieux, et appréciés au Népal. Chez vous, que pouic. Comme le pollinisateur n’est pas présent chez nous, les figues avortent sans grossir. Il n’y a que les figuiers à fruit qui soient capables de donner des fruits sans fécondation (parthénocarpie).







