Boehmeria spicata est la ramie en arbre, une plante de la famille des urticacées, mais qui ne pique pas du tout.
Boehmeria spicata : un petit arbuste vraiment à part
Il n’y a pas tant d’urticacées arbustives et rustiques, exceptées les « framboises de saule », alias Debregeasia. Les plantes de cette famille ont un feuillage souvent luxuriant et le genre des ramies, Boehmeria, compte parmi les plus spectaculaires des feuillages d’ombre. Pour un sous-bois d’émeraude, les ramies ont peu de rivales. Alors, qu’un membre de la famille ait décidé de prendre un port plus structuré, on ne dit pas non. Et la ramie en arbre tient ses promesses. Elle forme un arbuste pouvant atteindre 2 m de haut, pour à peine 60 cm de large. A l’ombre, le feuillage sera franchement vert. A la mi-ombre, il sera plutôt d’un teint olive, les pétioles (tiges reliant la feuille à la tige) prenant une teinte rouge acajou. En plein soleil, Boehmeria spicata ne sera pas contente du tout, à moins que ce soit dans une région très humide en été. Ce n’est pas une plante qui aime cuire.
Et la floraison ? En épis verts, assez insignifiants. Vous ne vous rendrez peut-être même pas compte que la plante fleurit. Sauf si cette ramie reçoit assez de soleil et que les épis prennent une teinte rose, qui se découpent joliment sur le feuillage. Mais à l’ombre, ce sera vert sur vert. On a dit plante à feuillage, et plante à feuillage elle demeure.
De la patience avec Boehmeria spicata
En général, les urticacées poussent vite. On reproche d’ailleurs aux orties de se développer bien trop rapidement. Mais ne faisant rien comme les autres, Boehmeria spicata prend son temps. Pour que l’arbuste atteigne son plein développement, même dans de bonnes conditions, comptez plusieurs années. C’est alors que la plante prend vraiment son look d’ortie en arbre à un détail près : elle ne pique absolument pas ! Les vraies orties en arbre existent vraiment et elles vous donnent une certaine idée de l’enfer : nous en avons cultivé et on s’est consolé de les voir disparaître, ouille !
Notre pied-mère a atteint son plein potentiel au bout de dix ans (c’est lui, en photo). En contrepartie, c’est un cheval de trait, imperturbable face au froid, au coup de sec, à l’air chaud ou aux interminables hivers pluvieux.
La ramie, l’amie des lamiers
La ramie en arbre fera une excellente association avec les plantes d’ombre comme les lamiers, les fougères, les lierres, les hostas, les persicaires, etc. Tout ce qui pousse soit à l’ombre, soit dans une terre fraîche et plutôt à la mi-ombre. En hiver, les tiges demeurent mais la plante perd petit à petit son feuillage. La plante ne repart pas de l’extrémité des dernières tiges de l’année passée mais assez près de leur base, ce qui explique cette lente croissance.
Le sécateur, à éviter
L’autre avantage de Boehmeria spicata, c’est qu’elle ne vous donnera pas de travail d’entretien. Il est même déconseillé de la tailler. La plante n’en mourrait pas du tout et vous pouvez même la couper à ras. Mais son architecture est si lente à se former que ce serait dommage de tout saccager par un coup de sécateur rageur. Réservez vos envies de coupes aux autres boehmerias car les espèces herbacées (qui ne forment pas de tiges dures) ont elles besoin de ce coup de propre.





