Billbergia nutans, la billbergie penchée, est une broméliacée de pleine terre, supportant une bonne dose de gel, avec une floraison élégante.
Un pendentif rose avec Billbergia nutans
La billbergie penchée, Billbergia nutans donc, fait partie de ces plantes qu’on a longtemps sous-estimé et qu’on a cantonné à des rôles ingrats. Comme l’aspidistra ou les piléas, Billbergia nutans était condamnée à se morfondre dans des intérieurs frais et mal éclairés, des halls et autres lieux de passage, à prendre la poussière et finalement, se voir attribuer cette breloque de « plante de belle-mère ». Billbergia nutans mérite mieux ! Il y a son port en rosettes étroites de feuilles sans aucun piquant, qui prend presque un look de graminée. Mais surtout, il y a cette floraison, comme un pendentif flashy, que la billbergie produit sans rechigner. Elle arrive au printemps, la plante reprenant ensuite son air sage.
Résistance au froid de Billbergia nutans
La billbergie penchée n’est pas cette plante qui promet plus de résistance au froid qu’elle n’en peut (suivez mon regard vers les semponiums !). Elle tient sans problème jusqu’à – 7 °C sous un couvert comme des arbustes, puisque de toute façon, elle n’aime pas le plein soleil. C’est une plante que l’on peut employer en couvre-sol, au pied de plantes exotiques, comme nous le faisons. En compagnie d’aspidistras et autres plantes d’ombre comme des fougères aux frondes coriaces, la billbergie fait des compositions solides et pratiquement sans entretien.
Aussi en pot
Évidemment, Billbergia nutans ne se confine pas à ce rôle de faire-valoir. En pot, c’est une plante ultra simple à garder, du genre à vous faire classer parmi les causes perdues du végétal si vous arrivez à la tuer. Son truc, ce sont les patios lumineux, où elle peut former des masses impressionnantes, jusqu’à déborder de son pot. Un rempotage tous les 3 à 4 ans suffit mais attention à ne pas laisser le substrat devenir trop spongieux, sans quoi la base pourrit et si la plante n’en meurt pas, vous vous retrouvez avec un tas de rosettes séparées.
Aussi pour les amateurs d’épiphytes, Billbergia nutans
Dans la nature (aux confins du Brésil et de l’Argentine), Billbergia nutans pousse en épiphyte, en tignasses accrochées aux lianes et aux troncs. Au jardin, elle pourra remplir le même rôle, à condition de ne pas subir trop de froid ou bien à décrocher la touffe pour lui faire passer l’hiver un peu plus à l’abri. Car perchée dans les branches et soumise à un hiver normal, avec du gel, il n’est pas dit que Billbergia nutans en ressorte bien pimpante. Sur un mur végétal, abrité sous un débord de toit, ça se tente. Et en climat doux, comme au bord de mer, elle peut rester dehors perchée dans les arbres toute l’année.
Elle pleure d’amitié, la billbergie penchée
Pour les Anglo-saxons, Billbergia nutans sont les « larmes de la reine » (Queen’s tears). Oui, beaucoup de choses sont attachées à la reine, sans que l’on sache s’il s’agit de la reine Victoria ou de feu Babette II. Ce qui est intéressant, c’est moins la reine que ses larmes. Car les fleurs de Billbergia nutans produisent des gouttelettes de nectar qui tombent à la façon des larmes. Cette plante pleure un peu le sucre, quoi. Mais on vous laisse goûter ces larmes. Jamais en mal de surnoms un peu bizarres, Billbergia est aussi appelée « plante de l’amitié » (« friendship plant ») car elle se divise facilement, si bien qu’on a toujours de quoi en donner aux amis. Ce qui est vrai, sauf si on veut s’en faire une bordure entière.
Comment cultiver Billbergia nutans, la billbergie penchée
Taille adulte : 40 cm en feuilles, culmine jusqu’à 50 cm en fleurs. Avec le temps, forme une touffe de 60 cm de large.
Exposition : dans l’idéal, mi-ombre ou soleil tamisé, mais pas la pleine lumière de l’après-midi en été.
Sol : drainant et fibreux, avec un peu d’humus. Plus léger qu’une plante d’intérieur classique pour une culture en pot en intérieur.
Plantation : possible toute l’année, mieux d’avril à juillet pour une installation en pleine terre.
Adore… les orages d’été et les lieux qui se réchauffent assez vite au printemps.
Déteste… les courants d’air, surtout en hiver. Et il n’est pas s^pur que la plante apprécie beaucoup la neige…
Le truc pour la réussir : placez-la dans un endroit où elle trouvera des conditions stables, comme un pied de mur (mais pas en plein sud). Et paillez le pied avec des feuilles mortes (de chêne, si possible).
Espacement : 60 cm






